Nos œuvres «coup-de-coeur» 2016-17

Nos musiciens vous présentent les œuvres du répertoire qui les ont tantôt marqués, tantôt inspirés, toutes tirées de notre programmation 2016-17.

Ariane Brisson vous présente:
Opus Number Zoo de Luciano Berio

Bien que ce ne soit pas l’œuvre avec laquelle je sois la plus familière dans notre saison, c’est certainement cette qui m’a fait le plus réagir à ma première écoute; c’était à Chicago, lors de mes études, et le quintette était formé des premières chaises solo du CSO. Je ne savais pas à quoi m’attendre de cette œuvre, en fait je croyais qu’elle serait semblable à la série de Sequenza de Berio, et j’ai été très surprise dès le départ. La narration, l’histoire derrière la musique, les mélodies enfantines et les noms des personnages, tout ça m’a beaucoup marqué et m’a automatiquement donné l’envie de travailler l’œuvre. J’ai bien hâte de l’aborder avec l’ensemble cette année! Impossible d’entendre cette pièce sans sourire!

Florence Blain Mbaye vous présente:
Summer Music de Samuel Barber

Je l’ai entendu pour la première fois en 2001 dans des écoutes de littérature musicale à l’école secondaire Pierre-Laporte. Elle a été mon introduction à Samuel Barber. J’ai eu l’occasion de la jouer au Conservatoire de Musique de Montréal et au UBS Verbier Festival en 2007. Cette œuvre m’a bouleversée par sa grande portée dramatique, son imagerie sonore et ses emprunts indéniables à un genre plus populaire; elle fait notamment écho à Gershwin pour son Summertime donc empreinte d’un certain blues (une culture plus afro-américaine) très bien traduit par le quintette à vent. Chaque instrument est le protagoniste/narrateur d’une histoire populaire. C’est une œuvre que je trouve à la fois grandiose et simple, sans prétentions. À l’image de Barber finalement, qui toute sa vie n’a composé que pour lui-même et préférait une inspiration détachée de toute contingence historique.

François Laurin-Burgess vous présente:
Le sacre du printemps de Igor Stravinsky

J’ai été vraiment frappé par Le Sacre quand j’ai vu le film « Pina » (Wim Wenders, 2011) qui traduisait incroyablement le côté sauvage de l’œuvre par la danse moderne. J’ai eu l’occasion de le jouer avec l’Orchestre des Artistes dirigé par Andrei Feher pour « Le Sacre du printemps érable » devant une Église Saint-Jean-Baptiste pleine à craquer, et par la suite au magnifique Koerner Hall de Toronto avec Julian Kuerti et le Royal Conservatory Orchestra. Nous sommes impatients de vous le présenter en arrangement exclusif pour sextuor à vents et piano, avec comme invité le clarinettiste Stéphane Fontaine.

Simon Poirier vous présente:
Til l’Espiègle de Richard Strauss

Je ne pouvais pas ne pas choisir cette œuvre. J’ai d’abord connu l’œuvre en fragments, puisque la version originale regorge de traits d’orchestre couramment demandés en audition. Cela dit, ma première véritable immersion dans l’œuvre fut cet été, lorsque je l’ai jouée avec l’orchestre du festival à Aspen. J’ai été frappé par l’ingéniosité de la construction thématique de l’œuvre. Tous les instruments sont également employés avec brio et les caractéristiques de chacun d’entre eux servent l’histoire à merveille. À mi-chemin entre le fait historique et l’imagination de l’auteur, la narration qui sous-tend la pièce est fort divertissante! J’ai très hâte d’entendre le résultat d’un arrangement pour quintette à vent, je suis sûr que ce sera tout aussi excitant!

Antoine St-Onge vous présente:
Six bagatelles pour quintette à vent de György Ligeti

Je me souviens encore de l’étonnement que j’ai eu en découvrant les six Bagatelles pour quintette à vent de György Ligeti, il y a de cela quelques années. J’ai d’abord été surpris par le raffinement du langage musical et par l’intensité de la courte œuvre, mais c’est son caractère tordu à l’esprit narquois qui m’a d’abord ébloui. Adaptée par le compositeur de la Musica Ricercata pour piano, cette dite musique sophistiquée est devenu en 1953 une œuvre en six courts mouvements pour quintette à vent. Elle explore de manière saisissante les contrastes expressifs et acoustiques des instruments de l’ensemble, d’une manière telle que vous ne pourrez parfois plus cerner à quel instrument appartient tel son! Je vous convie à venir découvrir un univers musical fascinant à nos côtés!

Olivier Hébert-Bouchard vous présente:

Anthony Grégoire vous présente:
En automne, Op.11, d’Edvard Grieg

En fait, je n’ai jamais «réellement» été en contact avec cette œuvre, si ce n’est que par mes écoutes d’autres pièces d’Edvard Grieg. Pourtant, c’est incroyable comme cette représentation symphonique de l’automne me parle: on ne sait trop si son caractère est léger et heureux, ou la prémisse d’une fin lente… Une transition d’un état à l’autre, tout comme l’est cette saison qu’est l’automne. L’œuvre toute entière est découpée en petites phrases distinctes, s’enchaînant, se découpant, se répondant, telles les feuilles qui quittent l’arbre dans un tournoiement agréable et coloré. C’est en quelque sorte un questionnement: l’arbre ne meurt pas réellement. Au contraire, il devient majestueux, l’espace d’un moment, rayonnant: une finale magnifique avant un silence de passage… Une œuvre trop peu considérée; vous aurez certainement envie d’y revenir!